Une réforme attendue depuis des années est entrée en application cette année. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 crée un congé supplémentaire de naissance, accessible depuis le 1er juillet 2026, et beaucoup de parents s’interrogent sur ce qui change concrètement pour leurs droits. Alors le congé parental modifie-t-il réellement vos droits CAF en 2026 ?
La réponse mérite une clarification importante. Le nouveau congé ne remplace ni le congé parental d’éducation, ni la PreParE versée par la CAF. Il s’y ajoute. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, sa demande s’effectue auprès de la CPAM et non de votre caisse d’allocations familiales, puisqu’il relève de l’assurance maladie.
Ce qui change réellement, c’est le niveau d’indemnisation disponible pour les premiers mois. Jusqu’ici, un parent souhaitant prolonger son arrêt après le congé maternité ou paternité n’avait qu’une option : le congé parental indemnisé par la PreParE, autour de 460 euros mensuels en arrêt total. Ce montant dissuadait largement, en particulier le second parent.
Le nouveau dispositif change cette équation. Chaque parent peut prendre un à deux mois indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros mensuels. Pour un salaire de 2 500 euros nets, cela représente environ 1 750 euros puis 1 500 euros, très loin des 460 euros de la PreParE.
Les conditions d’accès sont précises. Le dispositif concerne les enfants nés à partir du 1er janvier 2026. Pour ceux nés entre janvier et juin 2026, le congé peut être pris jusqu’au 31 mars 2027. Pour les naissances à partir du 1er juillet 2026, il doit être pris dans les neuf mois suivant l’arrivée de l’enfant.
Un point de vigilance mérite attention : ce congé n’est pas cumulable simultanément avec la PreParE. Les deux dispositifs peuvent en revanche s’enchaîner, ce qui ouvre de nouvelles stratégies d’organisation pour les familles.
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Dans cet article nous faisons le point sur ce qui change réellement en 2026.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et accessible depuis le 1er juillet 2026. Il permet à chaque parent de s’arrêter un à deux mois après l’arrivée de son enfant, avec une indemnisation nettement supérieure à celle du congé parental classique.
Son objectif est explicite : combler le vide qui existait entre la fin du congé maternité ou paternité et le congé parental d’éducation. Jusqu’ici, un parent souhaitant prolonger sa présence auprès de son enfant n’avait qu’une option faiblement rémunérée, ce qui dissuadait particulièrement le second parent. Ce nouveau dispositif offre une alternative courte mais bien mieux indemnisée.
Son fonctionnement repose sur trois principes. Il est individuel, chaque parent disposant de son propre droit sans avoir à le partager. Il est flexible, les deux parents pouvant le prendre simultanément ou en alternance selon leur organisation. Et il est fractionnable, ce qui permet de l’étaler plutôt que de le consommer d’un bloc.
L’indemnisation constitue sa véritable nouveauté. Le premier mois est indemnisé à 70 % du salaire net et le second à 60 %, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros mensuels en 2026. Pour un salaire net de 2 500 euros, cela représente environ 1 750 euros puis 1 500 euros, contre environ 460 euros avec la PreParE.
Un point administratif mérite d’être souligné car il génère beaucoup de confusion. La demande s’effectue auprès de la CPAM et non de la CAF, puisque ce congé relève de l’assurance maladie et non des prestations familiales.
Il est essentiel de comprendre que ce dispositif ne remplace rien. Il s’ajoute au congé maternité, au congé paternité et au congé parental d’éducation, et il ne se substitue pas à la PreParE versée par la CAF.
Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?
L’accès au dispositif repose principalement sur la date de naissance ou d’arrivée de l’enfant au foyer. Voici les conditions à connaître.
Tableau des conditions d’accès selon la date de naissance
| Date de naissance ou d’arrivée | Période pour prendre le congé | Délai disponible |
|---|---|---|
| Avant le 1er janvier 2026 | Non éligible | Aucun |
| Entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 | Du 1er juillet 2026 au 31 mars 2027 | 9 mois à compter du 1er juillet 2026 |
| À partir du 1er juillet 2026 | Dans les 9 mois suivant l’arrivée | 9 mois à compter de la naissance |
| Naissances multiples | Délai prolongé | Selon l’allongement des congés légaux |
Comme le montre ce tableau la date du 1er janvier 2026 constitue la ligne de partage. Les enfants nés avant cette date n’ouvrent aucun droit à ce nouveau congé, quelle que soit leur situation familiale.
Une distinction importante s’applique ensuite. Pour les enfants nés entre janvier et juin 2026, le dispositif n’existait pas encore lors de leur naissance. La loi prévoit donc une période de rattrapage permettant de prendre ce congé jusqu’au 31 mars 2027, soit neuf mois à compter de l’entrée en vigueur.
Pour les enfants nés à partir du 1er juillet 2026, le compteur démarre à la naissance et le congé doit être pris dans les neuf mois qui suivent. Ce délai peut être prolongé dans certaines situations, notamment en cas de naissances multiples ou lorsque des dispositions conventionnelles allongent les congés légaux.
Le dispositif s’applique également en cas d’adoption ou d’arrivée d’un enfant au foyer, les mêmes règles de délai s’appliquant à compter de cette arrivée.
Chaque parent dispose de son droit individuel, ce qui signifie que le père comme la mère peuvent en bénéficier séparément sans avoir à se partager une durée commune. Les deux peuvent le prendre simultanément ou en alternance selon leur organisation.
La demande s’effectue auprès de la CPAM et non de la CAF, un point qui génère encore beaucoup de confusion chez les familles.
Quel montant pour le congé supplémentaire de naissance ?
L’indemnisation constitue la véritable rupture apportée par ce dispositif. Le premier mois est versé à 70 % du salaire net et le second à 60 %, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros mensuels en 2026.
Tableau des montants selon votre salaire net
| Salaire net mensuel | 1er mois à 70 % | 2e mois à 60 % | Total sur 2 mois |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 050 € | 900 € | 1 950 € |
| 2 000 € | 1 400 € | 1 200 € | 2 600 € |
| 2 500 € | 1 750 € | 1 500 € | 3 250 € |
| 3 000 € | 2 100 € | 1 800 € | 3 900 € |
| 4 005 € et plus | 2 803 € | 2 403 € | 5 206 € |
Comme le montre ce tableau l’écart avec l’ancien dispositif est considérable. Un parent au salaire net de 2 500 euros perçoit 1 750 euros le premier mois, contre environ 460 euros avec la PreParE en arrêt total. Sur deux mois, la différence atteint plus de 2 300 euros.
C’est précisément ce niveau d’indemnisation qui change la logique de décision. Jusqu’ici, prolonger son arrêt après le congé maternité ou paternité représentait une perte de revenus dissuasive, ce qui expliquait le faible recours au congé parental chez le second parent. Avec 70 % puis 60 % du salaire net, l’arbitrage devient nettement plus accessible.
Le plafond de la Sécurité sociale limite toutefois le montant maximal. Au-delà de 4 005 euros de salaire mensuel, l’indemnisation plafonne, ce qui réduit le taux de remplacement effectif pour les revenus élevés.
Comme les deux parents disposent chacun de leur droit, un couple peut cumuler jusqu’à quatre mois indemnisés au total en enchaînant leurs périodes respectives.
Rappelons enfin que ce congé n’est pas cumulable simultanément avec la PreParE, même si les deux dispositifs peuvent s’enchaîner.
Congé supplémentaire de naissance ou PreParE : que choisir ?
La question se pose mal dans la plupart des cas, car les deux dispositifs ne s’opposent pas. Ils ne sont simplement pas cumulables au même moment, mais rien n’empêche de les enchaîner. Voici comment les comparer.
Tableau comparatif : congé de naissance vs PreParE
| Critère | Congé supplémentaire de naissance | PreParE |
|---|---|---|
| Organisme | CPAM | CAF |
| Durée | 1 à 2 mois par parent | Jusqu’aux 3 ans de l’enfant |
| Indemnisation | 70 % puis 60 % du salaire net | Environ 460 € par mois |
| Plafond | 4 005 € mensuels | Montant forfaitaire |
| Condition d’activité | Salarié en activité | 8 trimestres de cotisation |
| Droit individuel | Oui, par parent | Partagé entre parents |
| Délai pour en bénéficier | 9 mois après la naissance | Avant les 3 ans de l’enfant |
| Enfants concernés | Nés à partir du 1er janvier 2026 | Tous |
Comme le montre ce tableau les deux dispositifs répondent à des besoins différents. Le congé supplémentaire de naissance offre une indemnisation élevée sur une durée courte, tandis que la PreParE propose une indemnisation faible sur une durée longue.
La stratégie la plus logique consiste donc à les enchaîner plutôt qu’à choisir. Vous prenez d’abord le congé supplémentaire de naissance pour bénéficier du meilleur taux de remplacement pendant un à deux mois, puis vous basculez sur la PreParE si vous souhaitez prolonger votre arrêt.
Cette combinaison présente un intérêt concret. Pour un salaire net de 2 500 euros, deux mois de congé de naissance rapportent 3 250 euros contre environ 920 euros avec la PreParE sur la même période. Le gain dépasse 2 300 euros sans renoncer à quoi que ce soit ensuite.
Un point mérite attention pour les couples. Chaque parent disposant de son propre droit, vous pouvez alterner vos périodes afin de prolonger la présence parentale sans que les deux salaires ne chutent simultanément.
Vérifiez enfin votre éligibilité à la PreParE, qui exige huit trimestres de cotisation vieillesse avant la naissance.
Comment faire sa demande de congé supplémentaire de naissance ?
La démarche s’effectue auprès de deux interlocuteurs distincts : votre employeur pour le congé lui-même, et la CPAM pour l’indemnisation. Voici comment procéder.
- Vérifier votre éligibilité
- Déterminer vos dates et votre organisation
- Informer votre employeur par écrit
- Respecter le délai de prévenance
- Rassembler vos justificatifs
- Déposer votre demande auprès de la CPAM
- Suivre le traitement de votre dossier
- Anticiper la suite avec la PreParE si nécessaire
La première étape est de vérifier votre éligibilité. Votre enfant doit être né ou arrivé au foyer à partir du 1er janvier 2026, et vous devez respecter le délai applicable selon sa date d’arrivée.
La deuxième étape est de déterminer vos dates. Décidez si vous prenez un ou deux mois, en une fois ou de façon fractionnée, et si vous alternez avec l’autre parent ou prenez vos congés simultanément.
La troisième étape est d’informer votre employeur par écrit. Un courrier recommandé avec accusé de réception ou un email confirmé reste la méthode la plus sûre pour établir une trace de votre demande.
La quatrième étape est de respecter le délai de prévenance prévu par la réglementation et par votre convention collective. Anticiper évite tout refus lié à un préavis insuffisant.
La cinquième étape est de rassembler vos justificatifs, notamment l’acte de naissance ou le justificatif d’arrivée au foyer, ainsi que l’attestation de votre employeur.
La sixième étape est de déposer votre demande auprès de la CPAM, et non de la CAF. C’est l’assurance maladie qui verse cette indemnisation puisqu’il ne s’agit pas d’une prestation familiale.
La septième étape est de suivre votre dossier depuis votre compte ameli afin de vérifier sa prise en charge et la date de premier versement.
La huitième étape est d’anticiper la suite. Si vous souhaitez prolonger votre arrêt au-delà de ces deux mois, préparez votre demande de PreParE auprès de la CAF pour enchaîner sans interruption.
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FAQ sur le congé supplémentaire de naissance
Le congé supplémentaire de naissance remplace-t-il le congé parental ?
Non, il s’y ajoute. Le congé parental d’éducation reste accessible jusqu’aux trois ans de l’enfant, indemnisé par la PreParE versée par la CAF. Le nouveau congé supplémentaire de naissance vient combler le vide qui existait entre la fin du congé maternité ou paternité et le congé parental, en offrant une indemnisation nettement supérieure sur une durée courte. Les deux dispositifs coexistent donc, et vous pouvez les enchaîner. Ce qui n’est pas possible, c’est de percevoir les deux indemnisations simultanément sur la même période.
Faut-il faire la demande à la CAF ou à la CPAM ?
À la CPAM, et c’est le point qui génère le plus de confusion. Le congé supplémentaire de naissance relève de l’assurance maladie et non des prestations familiales, contrairement à la PreParE qui reste gérée par la CAF. Concrètement, vous informez d’abord votre employeur par écrit pour poser le congé, puis vous déposez votre demande d’indemnisation auprès de votre caisse primaire d’assurance maladie. Le suivi s’effectue ensuite depuis votre compte ameli et non depuis votre espace caf.fr.
Les deux parents peuvent-ils en bénéficier ?
Oui, et c’est l’un des points forts du dispositif. Chaque parent dispose de son propre droit individuel, sans avoir à le partager avec l’autre. Un couple peut donc cumuler jusqu’à quatre mois indemnisés au total. Vous êtes également libres de l’organisation : les deux parents peuvent prendre leur congé simultanément pour être présents ensemble les premières semaines, ou alterner afin de prolonger la présence parentale sans que les deux salaires ne chutent en même temps.
Mon enfant est né en 2025, puis-je en bénéficier ?
Non, malheureusement. Le dispositif concerne exclusivement les enfants nés ou arrivés au foyer à partir du 1er janvier 2026. Aucune disposition rétroactive n’est prévue pour les naissances antérieures. Si votre enfant est né en 2025, vous conservez en revanche l’accès au congé parental d’éducation et à la PreParE dans les conditions habituelles, jusqu’à ses trois ans. Pour un second enfant né après le 1er janvier 2026, vous ouvrirez de nouveaux droits au titre de cette naissance.
Peut-on fractionner ce congé ?
Oui, le dispositif a été conçu pour être flexible. Vous pouvez prendre votre mois ou vos deux mois d’un seul bloc, ou les fractionner selon votre organisation et celle de votre employeur. Cette souplesse permet d’adapter le congé à des situations variées, par exemple en couvrant une période sans solution de garde ou en accompagnant une adaptation en crèche. Le seul impératif reste de respecter le délai de neuf mois applicable selon la date de naissance de votre enfant.
Que se passe-t-il après ces deux mois ?
Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez reprendre votre activité normalement, basculer sur un congé parental d’éducation indemnisé par la PreParE, ou opter pour un congé parental à temps partiel avec une PreParE à taux réduit. Si vous envisagez de prolonger, anticipez votre demande de PreParE auprès de la CAF afin d’éviter toute rupture d’indemnisation.
Conclusion : ce qui change vraiment pour les familles en 2026
La réforme de 2026 apporte une évolution concrète pour les jeunes parents, mais il faut en comprendre la portée exacte pour éviter les malentendus qui circulent largement.
Rien n’est supprimé. Le congé parental d’éducation reste accessible jusqu’aux trois ans de l’enfant, et la PreParE continue d’être versée par la CAF dans les mêmes conditions. Le congé supplémentaire de naissance vient s’ajouter à l’existant plutôt que le remplacer.
Ce qui change réellement, c’est le niveau d’indemnisation disponible pour les premiers mois. Jusqu’ici, prolonger son arrêt après le congé maternité ou paternité impliquait une chute brutale de revenus, autour de 460 euros mensuels avec la PreParE. Le nouveau dispositif offre 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, ce qui représente environ 3 250 euros sur deux mois pour un salaire de 2 500 euros nets contre moins de 1 000 euros auparavant.
Trois points méritent d’être retenus. La demande s’effectue auprès de la CPAM et non de la CAF, puisque ce congé relève de l’assurance maladie. Chaque parent dispose d’un droit individuel, ce qui permet à un couple de cumuler jusqu’à quatre mois indemnisés. Et le dispositif concerne uniquement les enfants nés à partir du 1er janvier 2026.
La stratégie la plus avantageuse consiste à enchaîner les deux dispositifs plutôt qu’à choisir. Vous commencez par le congé supplémentaire de naissance pour bénéficier du meilleur taux de remplacement, puis vous basculez sur la PreParE si vous souhaitez prolonger votre présence auprès de votre enfant.
Cette réforme laisse toutefois une question entière : que faire à l’issue de ces congés ? Deux à quatre mois supplémentaires repoussent l’échéance sans la supprimer, et la recherche d’une place en crèche reste le sujet central pour la majorité des familles.
C’est précisément là qu’il faut anticiper. Les délais d’attente restent importants dans de nombreuses communes, et attendre la fin de son congé pour entamer les démarches conduit souvent à une impasse.